Avertissement

La métrique est à l'âme étriquée ce que le corset est à l'invertébré. Elle peut donner un bref instant à un observateur inattentif l'illusion que tout cela tient debout. Mais pour qui y regarde de plus près, l'absence de moelle transparaît vite derrière la coquille vide.
De ce préambule alambiqué, tirez les conclusions que vous voulez ;-). Mais ne vous attendez pas à trouver une once de vraie poésie dans ces élucubrations.

Pousse au cri(me)

Les commentaires, même acerbes, sont les bienvenus
Ils marqueront au moins ces piteux vers comme lus

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Bienvenue dans l'a-poésie de Mirliton

Visiteur égaré, en découvrant ce site,
Tu dois te demander si c'est l'art ou cochon.
Si tu t'attardes un peu, le choix est implicite :
Le lieu est très fermier, où pouss' le mirliton

Les vers qui s'y tortillent restant très terre à terre
Tu ne croiseras pas de muse échevelée
Ici c'est calembours plus ou moins délétères
Et de la rime amère ou capillotractée

En besogneux des mots, tout simplement j'aspire
A aligner des strophes qui fassent un peu sourire
Souvent c'est la cata, car la chut' tombe court

Mais tu n'es pas volaille, tu es en droit de dire
A voir comme je rimaille, que c'est triste de lire
Un si piètre bouffon et poèt' de bass'-cour

Jeux d'aigri vain et mirlitons

Dimanche 5 février 2006
J'ai beau compter les pieds
Le mètre est sans pitié
En sus d'être futiles
Mes vers sont malhabiles

J'ai beau me démener
Ils suent l'affectation
La feinte érudition
Le méchant procédé

Je me contenterais
D'affiner l'euphonie
A défaut de folie
Ou de sentiment frais

Mais je m'échine en vain
Façonnant l'assonance
A défaut de substance
Tout ça ne rime à rien


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Par Pouet-Pouet
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Mercredi 8 février 2006
Je suis le poète pataud
Le général sans âme
D'une grande armée de mots
Que j'agence sans flamme

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Par Pouet-Pouet
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Mercredi 15 février 2006
Visiteur égaré, sans doute tu te demandes
En découvrant ce site, si c'est l'art ou cochon ?
Mes vers assurément, ne visant les galeries
Quoique peu pornographe, je dirais l'animal.

Point de photos de charme, ni rien de lacrymal
Ce que tu vas trouver dans icelle porcherie
C'est des mots qui s'ébattent à coups de pelochon
Un follichon bazar sans goût de réprimande

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Par Pouet-Pouet
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Mercredi 22 février 2006
J'aime à jouer au pédant étalant sa culture
Mais si l'on creuse un peu c'est la déconfiture
Je sais orthographier plain-pied ou cœlacanthe
Mais n'ai lu ou compris ni Lacan ni le Kant

Le journal que je lis, ce n'est pas Léautaud
Mais l'Equipe du lundi, les mangas Naruto
Pour la littérature, ma faiblesse évidente
Me pousse à la SF, me fait négliger Dante

Les effets trop faciles je ne sais réprimer
A Rimbaud sans vergogne, Rambo je fais rimer
Il faudrait en blâmer l'atavisme de forme

Alors avec les mots, si j'essaie de jongler
De ma médiocrité c'est pour mieux me cacher
Et donner l'illusion que je sors de la norme


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Par Pouet-Pouet
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Lundi 27 février 2006
Au fil de mes déambulations sur la toile, je suis arrivé sur cette page aussi instructive que réjouissante. En voici un extrait :

L'épigramme a toujours été en France, surtout au XVIIIe siècle, une des armes des querelles littéraires; aussi l'employa-t-on à la riposte autant qu'à l'attaque : en voici un exemple de Baour-Lormian et de Lebrun. Le premier attaqua ainsi :

            Lebrun de gloire se nourrit,
         Aussi voyez comme il maigrit.


Le second riposta, avec la même brièveté :

            Sottise entretient l'embonpoint,
          Aussi Baour ne maigrit point.

J'ai essayé d'imaginer, avec certes moins d'esprit, comment nos modernes querelleurs pourraient utiliser le procédé. Cela commencerait par exemple avec un geek à la rime approximative :

            Tu dois utiliser Windows
          Car ton ordi a l'écran-blues


Un fidèle de Bill répliquerait aussitôt :

          Si tu veux passer à Linux
          Perdre ton temps n'est pas un luxe

Mais s'il est une arène où les rivalités s'exacerbent, c'est bien celle des stades. Alors à quand un supporter de l'ohème lançant les hostilités par :

            Quand un Parisien marque un but
          C'est le football qu'on exécute


et les fans du PSG répondant du tac au tac :

            Quand les Marseillais gagnent un match
          C'est tout le beau jeu qui fait splatch


Pour finir, petit clin d'œil au microcosme de la blogosphère. Si un fier détenteur de skyblog passait sur le forum (par exemple ), il serait tenté de lancer :

            Wesh ! Overblog me croit débile
          Mais ouam au moins jsuis pas sénile


Un blogueur local ne manquerait pas de rétorquer illico :

            ...
          ...

(ha, ha, ha, je suis diabolique, voyez avec quelle subtilité (sic) j'essaye de vous pousser moi aussi à
lâcheeeeeerrrrrr vossssssss coommmmmmmms)
Par Pouet-Pouet
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Mercredi 8 mars 2006
Si l'un est beau parleur un' fois le bar atteint,
L'autre voit son humeur descendre avec les verres ;
Quand le premier se grise aux néons qui l'éclairent,
Le second s'alcoolise au néant du destin.

L'un devient guilleret la bouteille à la main,
L'autre voit couperet autant que couperose
Dans le liquide amer qui le rend si morose ;
Alors que son compère oublie le lendemain.

L'un sera spirituel à coups de spiritueux,
L'autre de son rituel tire un esprit brumeux.
Et au sort de tous deux les sobres compatissent.

De tous les dieux du ciel, Bacchus, si même toi
Tu soumets tes fidèles à flagrante injustice,
Comment ne pas subir une crise de foi(e) ?


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Par Pouet-Pouet
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Mardi 4 avril 2006
Si je vous écris ma mie à la clarté d'une bougie
C'est que quand tombe la nuit j'ai le cœur endolori
Lorsque le ciel s'obscurcit votre ombre me saisit
Je songe au temps jadis où vous m'avez souri
Où vos grâces bénies comblaient mon esprit
Hélas aujourd'hui la flamme est ternie
Car vous êtes partie et depuis
Vos yeux ont laissé un brûlis
La cire comme ma vie
Lentement s'amollit
Ce que j'ai chéri
Jusqu'à l'oubli
Sans un bruit
S'enfuit
Pfft
...

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Par Pouet-Pouet
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Mercredi 5 avril 2006
Sur le même procédé, une version pour les plus jeunes.

À la nuit tombée t'ai-je raconté l'histoire rêvée
Du petit clown entêté qui aurait voulu voler ?
La trapéziste l'aimait et lui avait montré
Comment elle faisait pour ne jamais tomber.
Ce n'était pas assez lui voulait voler
Pas descendre après, vraiment décoller.
Alors un jour il s'est décidé :
Sous les rires il s'est élevé,
Son nez là-haut a brillé ;
Chapiteau dépassé,
Bravos éloignés,
Ciel étoilé ;
Envolé
Il est
Fée
.

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Par Pouet-Pouet
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Jeudi 6 avril 2006
Le mirliton du jour aurait pu être parrainé par Monsieur Bescherelle, s'il était tombé sur la tête.

J'ai un petit vélo dans la tête ? pas faux !

Tu as bien une araignée dans la coloquinte.
Il a une hirondelle dans le soliveau ?
Elle a un grain aussi, la givrée qui s'éreinte.

Nous avons tous, dans le plafond, un hanneton ?
Vous avez un moustique dans la boîte à sel.
Ils ont perdu la boule, ils ont pété les plombs ?
Elles ont un' case en moins, un pois chiche en cervelle.

Je suis un branquignol yoyotant de la touffe ?
Tu es une foldingu' travaillant du chapeau,
Elle est plutôt fêlée, et ses amis barjos.

Nous sommes à la masse, autant que le pire ouf ?
Vous êtes un peu fondus, carrément aliénés,
Ils sont complètement : cintrés, toqués, timbrés.


Il y a, au moins, deux intrus dans ce mirliton (hors la versification approximative). Saurez-vous les trouver ?

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Par Pouet-Pouet
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Vendredi 7 avril 2006
Le filon étant loin d'être épuisé, je continue sur la lancée d'hier.

Quand le Dick haut me dit que je suis un fada,
L'Anthony me dit lui que je suis sain d'esprit,
Pat, au pot, nie me voir en habitant du Puy.

Joël, homme honni, me qualifie de fade à
En pleurer et Larry m'enfonce d'un oui-da ;
Francine au nid m'attend, moi son zinzin chéri.

Car je sais, c'est dément, et tout le tralala
Mais elle est foll' de moi, tout sinoqu' que je suis.


Pour ceux qui craignent de ne pas avoir tout compris, je mets les points sur les "ymes" en commentaire ^^

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Par Pouet-Pouet
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