Avertissement

La métrique est à l'âme étriquée ce que le corset est à l'invertébré. Elle peut donner un bref instant à un observateur inattentif l'illusion que tout cela tient debout. Mais pour qui y regarde de plus près, l'absence de moelle transparaît vite derrière la coquille vide.
De ce préambule alambiqué, tirez les conclusions que vous voulez ;-). Mais ne vous attendez pas à trouver une once de vraie poésie dans ces élucubrations.

Pousse au cri(me)

Les commentaires, même acerbes, sont les bienvenus
Ils marqueront au moins ces piteux vers comme lus

Bienvenue dans l'a-poésie de Mirliton

Visiteur égaré, en découvrant ce site,
Tu dois te demander si c'est l'art ou cochon.
Si tu t'attardes un peu, le choix est implicite :
Le lieu est très fermier, où pouss' le mirliton

Les vers qui s'y tortillent restant très terre à terre
Tu ne croiseras pas de muse échevelée
Ici c'est calembours plus ou moins délétères
Et de la rime amère ou capillotractée

En besogneux des mots, tout simplement j'aspire
A aligner des strophes qui fassent un peu sourire
Souvent c'est la cata, car la chut' tombe court

Mais tu n'es pas volaille, tu es en droit de dire
A voir comme je rimaille, que c'est triste de lire
Un si piètre bouffon et poèt' de bass'-cour

Feignant gnian-gnian

Lundi 6 février 2006 1 06 /02 /2006 16:53
Un être insignifiant, petit, laid et chétif
Parcourait sifflotant un grand bois ténébreux
Son air soudain se fige au détour d'un massif
Il vient d'apercevoir sous un ciel lumineux
       Une biche gracile
             Une biche aux yeux bleus

Il semble si étriqué et ce rêve si fragile
Qu'à deux pas de l'idole, il s'arrête à genoux
Détournant sa face humble de cette vision subtile
Destinée aux grands fauves et non aux faibles fous
       Cette biche gracieuse
             Cette biche aux yeux doux

Mais sa timidité amuse la trop belle
Qui pour se divertir lui adresse quelques mots
En jouant avec malice de ses yeux d'aquarelle
Notre pauvre simplet en devient coquelicot
       Ô biche cruelle
             Ô biche aux yeux chauds

Puis la biche s'enfuit chercher d'autres miroirs
Où éveiller altière des lueurs et des peines
Pour elle n'est jà plus rien l'émerveillé d'un soir
Qui jamais n'oubliera qu'il fut jouet d'une reine
       D'une biche frivole
             D'une biche aux yeux secs

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Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 01:03
Si l'objet de vos feux
    Sait lire
        un peu
L'acrostiche à ses yeux
    Peut dire
        l'aveu

Timide bouquet

                  Jonquilles odorantes
                  Emouvantes pensées
                  Tulipes rougissantes
                  Ancolie empourprée
                  Iris et amarantes
                  Myosotis en livrée
                  Et bien sûr une rose

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Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 13:32
Si l'objet de vos feux
    Est ivre
        un peu
L'acrostiche est un jeu
    A vivre
        à deux

Fougue adolescente

                Jeunesses éperdues
                Elans inassouvis
                Tendresses entrevues
                Aiguillon de l'envie
                Ivresses défendues
                Méandres de la vie
                Etreinte de la nuit

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Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 14:00
Si l'objet de vos feux
    Vous fuit
        un peu
L'acrostiche est un pieu
    Que plantent
        ses yeux

Porte close

             Jeté, jeté, jeté
             Econduit si tu veux
             Toujours, bien rembarré
             Ainsi, vidé des lieux
             Il faut m'y habituer
             Même si j'en crève un peu
            "Elle est pas là mon vieux"

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Mercredi 15 mars 2006 3 15 /03 /2006 15:08
Je vous épargnerai aujourd'hui les jérémiades de correcteur pour vous infliger un mirliton de vieux rôliste.

Là-bas   Ici
     
Au cœur de la nuit   Auprès de l'étang
Un son cristallin   Un lit de fougères
Le cri affaibli   Voit couler le sang
D'un lointain lutin   Prédit la sorcière
     
Un éclat de lune   Personne pour croire
Fait briller un croc   Au hameau cossu
Et menotte brune   À la triste histoire
D'un bras en lambeaux   De ces disparus
     
Sous des lueurs mauves
  Un peuple se meurt
Une ombre furtive   Qui donc s'en soucie
Le corps d'un grand fauve
  Tant que la terreur
Prestement s'esquive
  Épargne nos vies
     
Au petit matin
  Korrigans et fées
Le bois des reclus
  Jamais on ne voit
Pleure le festin
  Qu'ils se fassent tuer
Du monstre repu
  Ne crée pas d'émoi
     
Gare !

Quand la bête aura
Décimé leurs rangs
La faim la fera
Attaquer les grands


Allez, si vous veniez ici pour vous divertir, je me sens obligé de vous offrir un p'tit lien pour la route.

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Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 04:42
Tes yeux
Se froncent
M'annoncent
L'odieux

L'adieu
M'enfonce
En ronces
Et pieux

Tu pars
Sans fard
Ni larme

Je perds
Sans arme
Amer

C'est sur le Planétarium de Ghislain que j'ai découvert cette forme particulièrement économique de sonnet. Merci à lui pour cette jolie trouvaille.

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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /2006 23:27
...et blague (mal)adroite.

Je sais, ce n'est pas très original. Quand je trouve un filon, paresseux que je suis, j'essaye de l'exploiter jusqu'à la moelle. Alors ce soir je remets ça avec le double acrostiche :

Palette d'émotions,  hoquets et soubresauts
Lacérations du coeur  pansées  dans un halo
Embruns endoloris  séchés près d'un berceau
Un peu de vague à l'âme  apaisé  en douceur
Rigoles sous les yeux  par la bouche à demi
Effacées grâce à la  repartie d'un blagueur
Rappelant qu'il est là de sa tendresse amie


Si vous voulez vous essayer à l'exercice, ce n'est finalement pas si compliqué. Vous constaterez que de la contrainte naissent parfois de jolies trouvailles N'hésitez pas à me faire part de vos créations si vous vous lancez. Un grand classique serait du type :
A...H
M...A
O...I
U...N
R...E
ou vice-versa, mais ça me paraît plus compliqué (fin en M).

PS : Rotpier vient d'en réaliser un exemple très réussi.


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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 14:16
Grâce à la liste Oulipo, me voici brièvement de retour. Le jeu proposé par Robert Rapilly était en effet irrésistible. La règle ?
Écrire un sonnet à bouts-rimés d'Alphonse Allais :

étalons
étalons
percherons
percherons

polissons
polissons
oignons
oignons

pigeons
pigeons
savons

savons
pompons
pompons

Voilà où ces sons m'ont mené :

Cheerleader Serenade

C'est en nous mesurant aux maîtres étalons,
Aux Perec, aux Queneau, qu'ici nous étalons
Notre inculture et nos lourdeurs de percherons.
Jamais à leur hauteur, nous ne nous percherons !

Pour tenter de briller, sans fin nous polissons
Les rimes du sonnet, en des jeux polissons.
Et puis par vanité, d'emphase nous oignons
La strophe alambiquée qu'on veut aux p'tits oignons.

Mais à l'art poétique, en fait rien ne pigeons,
Offrant à la critique un vrai tir aux pigeons.
Rien d'étonnant dès lors, nous prenons des savons.

Or cette gymnastique avait, nous le savons,
Pour seul but d'épater une fille à pompons...
Alors d'Allais les vers, sans honte nous pompons.

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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 21:24
Un peu de simplicité pour changer.

Dédicace spéciale au tout doux au nom tout terrible.


La récitation

Je la savais pourtant par coeur,
Du titre jusqu'au nom de l'auteur.
Je me rappelais tous les mots,
Je mettais le ton où il faut.
À la maison avec maman,
Je m'étais exercé longtemps.
Quand la maîtresse m'a appelé,
J'étais vraiment fier d'y aller.

Je m'appliquais fort au tableau
Pour rester droit et parler haut.
J'ai pas rigolé aux grimaces
Que faisait Simon de sa place.
Mais à un moment j'ai croisé
Deux grands yeux qui me regardaient
Et Fatoumata m'a souri,

Mon poème je l'ai jamais fi...

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Lundi 10 décembre 2007 1 10 /12 /2007 19:17
Tiens, ça commence à faire belle lurette que je n'ai rien écrit ici. Alors pour revenir en douceur, essayons un domaine qui n'est pas mon fort, celui de la simplicité. Cela changera des contraintes alambiquées.

Brrrrrr

    Au temps des premiers frimas
    Les joues et les nez rosissent
    Au temps des premiers frimas
    Les p'tit's laines ressurgissent

    Au temps des premières bises
    On rentre un peu les épaules
    Au temps des premières bises
    On file vite à l'école

    Au temps des premiers flocons
    Nos mots se muent en buée
    Au temps des premiers flocons
    Les toits s'ornent de fumée

    Au temps des premiers grands froids
    Dans les menottes l'on souffle
    Au temps des premiers grands froids
    Les sourires s'emmitouflent

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Par Pouet-Pouet - Publié dans : Feignant gnian-gnian - Communauté : Trouvères et troubadours
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