Avertissement

La métrique est à l'âme étriquée ce que le corset est à l'invertébré. Elle peut donner un bref instant à un observateur inattentif l'illusion que tout cela tient debout. Mais pour qui y regarde de plus près, l'absence de moelle transparaît vite derrière la coquille vide.
De ce préambule alambiqué, tirez les conclusions que vous voulez ;-). Mais ne vous attendez pas à trouver une once de vraie poésie dans ces élucubrations.

Pousse au cri(me)

Les commentaires, même acerbes, sont les bienvenus
Ils marqueront au moins ces piteux vers comme lus

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Bienvenue dans l'a-poésie de Mirliton

Visiteur égaré, en découvrant ce site,
Tu dois te demander si c'est l'art ou cochon.
Si tu t'attardes un peu, le choix est implicite :
Le lieu est très fermier, où pouss' le mirliton

Les vers qui s'y tortillent restant très terre à terre
Tu ne croiseras pas de muse échevelée
Ici c'est calembours plus ou moins délétères
Et de la rime amère ou capillotractée

En besogneux des mots, tout simplement j'aspire
A aligner des strophes qui fassent un peu sourire
Souvent c'est la cata, car la chut' tombe court

Mais tu n'es pas volaille, tu es en droit de dire
A voir comme je rimaille, que c'est triste de lire
Un si piètre bouffon et poèt' de bass'-cour

Petite prose pour la pause

Samedi 25 février 2006
Vraiment pas grand-chose à vous offrir aujourd'hui. Regardons ce qu'on peut tirer des fonds de bouteille de la cave.

Hum, dans une vieille fiasque de bénédictine, il y a bien le vers-missel. Je crains cependant qu'il ne cherche à vous vendre sa soupe si vous vous montrez trop bonne pâte.

De l'autre côté, l'avers tisse, ment. Je vous préviens tout de suite, ne le croyez pas sur parole, il a tendance à broder.

Ah, ici le vers saille. Il ressort dans toute sa majesté d'une vodka Absolut.


Là, désolé, ça vient visiblement d'un gros rouge qui tache. Le vers daim n'a que trop connu la folie meurtrière des hommes.

En fouillant dans un coin, un vers sot. C'est bête, nous sommes déjà le 25 février, il est périmé de presque une semaine. Caché humblement en dessous, un vers mi-sot. Sans doute un reste de mezcal.

Plus loin, cela devient vraiment vers moulu. Il ne devait pas être piqué des ... hannetons le pousse-café.

Et voilà, c'était inévitable, je fais tout tomber. Le vers dicte. C'est sans appel, maintenant je suis vraiment à sec.

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Par Pouet-Pouet
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Lundi 20 mars 2006
Connaissez-vous la famille Ponctuation ? Ce sont des voisins très discrets qui habitent juste au coin de la rue. À force de les croiser tous les jours, vous les remarquez à peine. Ils méritent pourtant une présentation.

Commençons par madame
  qui se glisse avec aisance dans toutes les conversations. Elle a l'art d'apporter une pause bienvenue dans une phrase qui se perd en longueurs. Avec ses amis et/ou, elle apporte son sens du rangement à listes, énumérations, séries... Quelquefois, bien sûr, elle s'emporte rendant, inutilement, saccadé, heurté, haletant, le débit. On apprécie alors l'intervention de son époux 
S'il peut vous paraître ici avoir un certain embonpoint, c'est uniquement parce qu'il a accepté de passer à la loupe pour ce tableau familial. D'ordinaire, il ne paie pas de mine
  Cela ne l'empêche pas de faire valoir son autorité quand il décide de mettre un terme à une phrase. Il complète donc bien sa femme, plus coulante. Mais au final, c'est lui qui a le dernier mot.

Ils ont donné naissance à une abondante progéniture. À commencer par la fille aînée
comme vous le constatez, elle tient bien de ses parents. Elle réunit les meilleures qualités de l'un et de l'autre, qu'elle distille avec nuance. Pas étonnant qu'elle ait déjà ses soupirants ; ils seront mieux à même que moi de vous en apprendre davantage à son sujet.
Puis viennent les jumeaux
vous le voyez, ils tiennent plutôt de papa. Ils aiment à présenter la suite et à annoncer des explications. Ils se trouvent aussi toujours aux premières loges quand un dialogue direct s'engage.
Ils y retrouvent alors le trublion de la famille qui accepte les emplois les plus variés . Il n'hésite pas à remplacer ses cousines les parenthèses comme à débuter les répliques.
Il s'aventure aussi sur des terrains inconnus au reste de la famille puisqu'il se charge pêle-mêle d'apparier les mots pour en faire des composés ou au contraire de les cou-(*)
per en fin de ligne.
(*) comme la taille des lignes et des caractères varie suivant les configurations d'ordinateur, ce dernier exemple risque de s'avérer fort peu esthétique.

Je sens que je commence à vous lasser avec ces enfants trop nombreux. Il faudra donc attendre un peu avant d'en savoir plus sur mes préférés, les triplés 

(à suivre)
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Par Pouet-Pouet
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Mardi 21 mars 2006
  sont mes préférés. C'est ainsi que se terminait hier la première partie.

Ce que j'apprécie en eux, c'est leur air de mystère. Les triplés laissent au lecteur le soin d'imaginer le sous-entendu, de remplir le suspens. Certes, quelquefois, ils sont tout simplement interloqués et ne trouvent rien à dire


Avant de poursuivre, signalons le passage ce matin de l'inspecteur Zolurne, qui mit la maisonnée en émoi. Il fut accueilli par
Qu'a-t-il encore fait ?
 — Au contraire, on l'a peut-être accusé à tort. On a affaire à un trio essayant de brouiller les pistes en adoptant plus ou moins le même profil :
- le trait d'union, qui sert aux mots composés et aux coupures ;
– le tiret demi-cadratin pour les incises et les énumérations ;
— le tiret cadratin pour les dialogues.


Merci inspecteur. L'avènement de l'informatique a laissé quelques victimes sur le bas-côté, notamment cette élégante vieille dame, Typographie. La réputation de notre brave tiret serait donc injustement ternie par son petit sosie le trait d'union, lequel n'est pas à proprement parler membre de la famille Ponctuation.

Ce rectificatif apporté, passons aux grands-parents. Vous ai-je déjà parlé de grand-mère Je ne crois pas. C'est pourtant une femme très curieuse. Certains lui reprochent de vouloir mettre son nez partout. Je trouve quant à moi plutôt rafraîchissant qu'à son âge elle ait conservé une telle soif d'apprendre. Et je ne vous dis pas pour grand-père   Lui c'est la capacité d'étonnement et d'indignation qu'il a su conserver. Il paraît un peu sec et n'a pas la rondeur de sa moitié. Mais il sait admirer, même droit dans ses bottes


Les enfants aiment beaucoup rendre visite à leur autre grand-mère Où habite-t-elle ? Au soleil, en Espagne (comme tant de bonnes familles françaises, les Ponctuation ont des origines étrangères). Ils y retrouvent bien sûr aussi grand-père Quelle joie ! Surtout lorsqu'on arrive à organiser un grand rassemblement avec les cousins et cousines.

C'est qu'ils sont également toute une ribambelle, ceux qu'on appelle affectueusement les serre-livres. On a fréquemment l'occasion de croiser les filles (jamais sans sa sœur).  Elles ont un penchant certain pour les apartés ou les digressions et ne sont pas avares de leur présence.
 
D'autres se font plus rares et restent le plus souvent confinés dans le domaine familial du Miroir. Il y a les littéraires. Ne trouvez-vous pas ceux-ci
« un peu vieille France » ? D'ailleurs, est-ce parce qu'ils manquent de personnalité et s'expriment surtout par citations qu'ils se font de plus en plus évincer par leurs lointains parents anglophones "and" (eux-mêmes moins droits et symétriques à l'origine)?

Il y a les scientifiques : { s'occupe plutôt de chiffres que de lettres (du moins de lettres formant des mots) et n'a pas toujours besoin de } ; [ partage aussi le goût des mathématiques, comme ]. Ceci dit, étant d'un naturel paresseux, je les aime assez quand ils se liguent avec les triplés pour tronquer un extrait [...]

Je ne voudrais pas cependant sombrer dans trop de particularismes. J'en viendrais sinon à oublier l'appel de note au profit du tact gaulois, en parlant par exemple du comte de ***. Mieux vaut finir en évoquant l'oncle indigne, celui qui est là mais que la famille préfère cacher.

Vous l'avez vu ? Pourtant, je vous assure, il vient de passer. Il faut il est vrai des situations très particulières pour qu'il ose exhiber sa bedaine. Les textes de loi parfois. Ou piégé par les options d'un traitement de texte. Vous le repérez maintenant ?

§ Eh oui ! Démasqué cette fois !

Et là le déguisement qu'il prend quand il joue les oncles d'Amérique !

Sur ce, je crois qu'il est grand temps de tous les laisser tranquilles


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Par Pouet-Pouet
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