Avertissement

La métrique est à l'âme étriquée ce que le corset est à l'invertébré. Elle peut donner un bref instant à un observateur inattentif l'illusion que tout cela tient debout. Mais pour qui y regarde de plus près, l'absence de moelle transparaît vite derrière la coquille vide.
De ce préambule alambiqué, tirez les conclusions que vous voulez ;-). Mais ne vous attendez pas à trouver une once de vraie poésie dans ces élucubrations.

Pousse au cri(me)

Les commentaires, même acerbes, sont les bienvenus
Ils marqueront au moins ces piteux vers comme lus

Bienvenue dans l'a-poésie de Mirliton

Visiteur égaré, en découvrant ce site,
Tu dois te demander si c'est l'art ou cochon.
Si tu t'attardes un peu, le choix est implicite :
Le lieu est très fermier, où pouss' le mirliton

Les vers qui s'y tortillent restant très terre à terre
Tu ne croiseras pas de muse échevelée
Ici c'est calembours plus ou moins délétères
Et de la rime amère ou capillotractée

En besogneux des mots, tout simplement j'aspire
A aligner des strophes qui fassent un peu sourire
Souvent c'est la cata, car la chut' tombe court

Mais tu n'es pas volaille, tu es en droit de dire
A voir comme je rimaille, que c'est triste de lire
Un si piètre bouffon et poèt' de bass'-cour

Caprices de correcteur

Vendredi 17 février 2006 5 17 /02 /2006 14:21
L'orthographe est, dit-on, science des imbéciles ;
Pas étonnant dès lors que celle-ci m'obnubile.
À ma très grande honte, je dois le reconnaître,
Je suis fort tatillon dès que l'on touche aux lettres.

Quoi que je lise -quoique d'un œil- je reste coi
Devant les couacs. Quant à devoir, quand je les vois,
Faire un renvoi, c'est bien futile, voire inutile.
Ce souci singulier, à tort donc me tord-il ?

Plus d'un bâtit château en son for intérieur,
Car, prétend-il, le participe est dépassé
Et l'art de conjuguer il le laisse au râleur.

L'heure est au SMS, à quoi bon les accents ?
Puis pendant qu'on y est, il faut envisager
D'amputer l'alphabet : il devient encombrant.

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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /2006 19:18
Par la poste autrefois, on s'envoyait des lettres
Le portable aujourd'hui les rend presque caduques.
Prenons le cas du Q, si kk1 veut l'omettre
Ses histoires de fesse, ce qu'il pense des trouducs
Par texto il les crie, yaka taper des K.

Si jamais il se sent d'écrir' des mots entiers
Sur Mac ou sur PC, avec sa connexion
Et un bon messager il peut les envoyer,
Un prog automatique fera les corrections.
Attention cependant, la machine ne sait pas

Distinguer tous les sens. Son absenc' neuronale
Parfois aboutit à rester dans les anales.



Note : Pour faire passer ces vers poussifs, je ne peux que vous conseiller de vous joindre à la farandole de mirlitons de Fuligineuse et ses spirituels commentateurs.

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Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /2006 23:50
PERSONNAGES

Monsieur WANG, majordome chinois

Sir KONFLECKS, inspecteur à Scotland Yard

La scène se déroule dans la campagne anglaise, au manoir de Lord A**


WANG
Oui, tout le monde était à la chasse inspecteur.
KONFLECKS
La châsse a disparu, selon votre facteur,
Plus tôt ce jour, avant qu'il accomplît sa tâche.
WANG
Il est ponctuel, sa réputation est sans tache.
Il délivre les plis à dix heures au plus tard.
KONFLECKS
Il eût donc remarqué que manquait l'objet d'art
A ce moment c'est sûr, s'il y avait absence ?
WANG
Le trésor est coté et bien en évidence.
KONFLECKS
L'horaire est établi. Mettons ça de côté.
Qui d'autre du château, pouvait avoir la clé ?
WANG
Le manoir est gardé, par plus d'un chien féroce
Les intrus du matin font demi-tour précoce.
KONFLECKS
Les verrous servent peu, si je vous comprends bien
Car seul un habitué peut passer les mâtins ?
WANG
C'est cela.
KONFLECKS
La maisonnée du maître est nombreuse ?
WANG
De fait non. Milord est d'humeur ombrageuse,
Son gène avaricieux nous a réduits à six.
KONFLECKS
Ce doit être une gêne que mes bobbies soient dix
A arpenter le parc.
WANG
Qu'est-ce que vous y faites ?
KONFLECKS
Ils ont fouillé le chêne entier du fût au faîte
Qui près de la fenêtre invite à l'ascension.
Ils ont cherché au sol des traces d'effraction.
Mais rien jusqu'à présent qui pût nous rendre claire
La méthode du vol n'est sorti de la terre.
C'est pourquoi j'en reviens ici même aux questions
WANG
Je vous écoute avec la plus grande attention.


(à suivre)
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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /2006 00:02
C’est dérisoire assurément
Mais j'aime à cultiver l'accent,
Le trait d'union et autres signes
Apparaissant au gré des lignes
Qui donnent aux mots leur agrément.

Si s'en parait tel élément
Le sens, paraît-il, oui vraiment !
Pourrait passer du sale au digne,
C'est dérisoire.

Tâchons peut-être un court moment
De voir que peut être un tourment
Le piège que la langue aligne
Pour la machine si maligne
Qui crée plus d'un licenciement,
C'est dérisoire.

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Mardi 14 mars 2006 2 14 /03 /2006 15:47
Certains me soupçonnent, à tort, d'être plus à l'aise rond sans eau. Il est vrai que la première tentative était assez peu concluante. Alors que je devrais faire le dos rond je choisis néanmoins de refaire un rondeau.

        Déconcertante est la méprise
        Que trop souvent on s'autorise
        Entre Or et Hors à la liaison,
        Où et ou, tort et tord ; mais on
        Écrit sur un écran, ça grise.

        Que l'on conclue, heu, c'est de mise
        Tant qu'on conclut, té, la maîtrise !
        Cela rend la conjugaison
        Déconcertante.

        Appeler un sa un ça frise
        La désertion en temps de crise !
        Je dois sembler un vieux poison,
        Mais saupoudrée de déraison
        La prose aussi parfois je prise
        Déconcertante.


Oui, c'est encore poussif. Il ne faut pas s'attendre à trop de finesse quand on s'attaque aux fautes les plus hénaurmes croisées sur la toile.

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Vendredi 24 mars 2006 5 24 /03 /2006 05:47
Continuons notre exploration maladroite des formes fixes du passé. Aujourd'hui, la ballade.

Si d'Outre-Manche vous reçûtes

Bien des mots, agaçants ou pas,
Jamais sa queue vous n'aperçûtes
Car l'autre idiome ignore ça.
Ce serait sot qu'on s'efforçât
D'être glaçant dès que l'on croise
Un terme étranger en deçà
Les trésors de langue françoise

Le censeur perçant, l'uppercut
Dans notre parler dénonça
Mais commença à dire zut
Quand sa façade en encaissa.
À ce vocable il acquiesça
Lors le tança la main courtoise
D'un boxeur qui influença
Les trésors de langue françoise

En ça si ce son vous perçûtes
C'est que cédille on y plaça :
Pour que C, déçu, ne percute
Cet appendice on lui traça
Et lui sans façon ni tracas,
Évinçant la faconde angloise,
De maçonneries protégea
Les trésors de langue françoise


Adoncques prince tu lanças
Ce signe aux garçons qui dégoisent
Pour faire en sorte qu'il berçât
Les trésors de langue françoise


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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /2006 22:29

Pour la fin de semaine, retour au mirliton et à l'alexandrin facétieux.

Ah mais ! l'envoûtante danseuse que voilà !
Pitié ! fallait-il tant que ses charmes on voilât ?
Ça y est ! le bon musicien les notes envoie : la,
Do, ré ! l'orientale beauté se dévoile à
Nous, ouais ! serait-ce donc son nombril qu'on voit là ?
O.K. ! alors, ami, la suite prévois-la !
C'est vrai ? pas d'arrêt avant qu'on s'avouât las ?
Parfait ! pour voter « Encore ! », sûr, ma voix l'a !
Sifflets ! que d'émois un voile en moins pourvoit là !
Olé ! pourvu qu'on suive sur cette voie-là !
Allez ! plus qu'un bout d'étoffe avant qu'on voie la...

« ASSEZ ! », ma femme a rugi, « tu la dévoies là !!! »


Note - En ces temps de sensibilités culturelles exacerbées, je me dois de préciser qu'il ne faut pas prendre au sérieux cette petite fantaisie. J'ai bien conscience que la danse orientale n'a rien à voir avec le très français strip-tease (effeuillage ?).

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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 15:11
L'esprit, c'est comme l'argent : on en a généralement aux dépens d'autrui.
Si quelqu'un pouvait m'aider à retrouver l'auteur de cet aphorisme que je cite de mémoire et sans doute de manière erronée ?

C'est laid de se moquer, mais quand un forumeur
Écrit sans sourciller un beau « Quand pensez-vous ?(*) »

Je ne peux m'empêcher avec un brin d'humeur
De vouloir rétorquer « Toi jamais, tu l'avoues ? »

Le jargon de la toile est truffé d'acronymes
Comprendre un peu l'anglais aide à les décrypter
« Dans la vie URL(**) » écrit un anonyme
Qui n'a pas tout saisi de ces subtilités

Un brave acuponcteur pour présenter son art
Invite sur sa page à aller découvrir
« La pause des aiguilles », ce qui paraît bizarre
À moins qu'il ne nous cache une grève à venir

(*) Qu'en pensez-vous bien sûr.

(**) Ne pas confondre URL et IRL.

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Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /2006 22:30
En manque d'inspiration cette semaine, me voilà contraint de me rabattre sur mon dada de l'orthographe. Pourfendons donc en méchants alexandrins quelques fautes trop courantes :

Alors qu'un champ ou camp
                            se contentent d'un p
Le temps qui passe prend
                            comme toujours un s.
Ainsi en vont les us,
                            plus d'un s'y est trompé :
Si l'exclu finit nu,
                            l'inclus au bout s'empresse

On a beau avoir pris
                            plus d'un coup dans le nez,
S'enivrer n'a qu'un n,
                            inondation de même.
En parlant de trop d'eau,
                            le franglais étonné
Doit écrire un loser,
                            à Toulouse ou Harlem.

Le langage en français,
                            il n'a pas dû songer
Qu'outre-Manche parfois
                            les mots ont plus de lettres.
Laissez donc le trafic
                            sans effets étrangers
Et à l'abréviation
                            un seul b doit paraître.

(à suivre ?)
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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /2007 08:06
Quand l'inspiration fait défaut, mon (mauvais) esprit de correcteur reprend le dessus.

Toi qui écris sans fard « C'est moi qui prends les rennes »
Es-tu père Noël ou Lapon zoophile ?

« Franchir le Rubicond » est un choix difficile
Car à saute-mouton peu de rougeauds s'entraînent

« Radeau de la Méduse, tableau de Jéricho » !
Ne le trompette pas, tu subirais l'écho.


Pour donner un vague cachet pédagogique à ce blog, précisons au cas où des allusions vous auraient échappé.
- Prendre les rênes.
- César franchit le Rubicon.
- Il ne faut pas confondre le peintre et la ville biblique.

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